septembre 6, 2026

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Joseph Kabasele Tshiamala, le héros national congolais de la musique

Pour honorer la mémoire du géant de la musique congolaise Kabasele Tshiamala alias Grand Kallé, Alain’s Marketing Agency and Projects (Amagep), une agence de promotion et de marketing basée à Johannesbourg, projette la célébration, cette année, des 60 ans de la musique congolaise moderne dont il considère la création de l’African Jazz, en 1951, comme le point de départ.

Cet événement sera organisé en prévision des manifestations commémorant les 30 ans de sa mort prévues pour 2013.

Les préparatifs de ces festivités s’articulent autour de quatre événements : la publication d’un ouvrage intitulé « L’engagement politico-culturel panafricaniste de Grand Kallé » ; la réalisation d’un documentaire présentant divers témoignages sur la grandeur de Joseph Kabasele ; la tenue d’une série de conférences sur la vie de Grand Kallé ainsi que sur l’héritage qu’il a légué aux générations d’Afrique ; la remise de prix à tous les artistes musiciens qui ont collaboré avec lui dans l’avancement de l’African Jazz et de la musique congolaise en général.

D’ores et déjà, Amagep appelle tous les artistes (du Congo, d’Afrique et du monde) qui ont travaillé avec Grand Kallé pendant l’épopée African Jazz, ainsi que ceux qui l’ont connu ou ont été influencés par lui, à apporter leurs témoignages, afin que soient fidèlement restitués tous les faits relatés dans l’ouvrage précité. *(1)

Un hommage mérité

Né le 16 décembre 1930 à Matadi, une ville portuaire située dans le Bas-Congo, Joseph Athanase Kabasele Tshiamala, Grand Kallé, est le père de la musique congolaise moderne et l’un des pionniers de la musique africaine contemporaine. Il a révolutionné l’art d’Orphée au Congo en étant le tout premier à fonder, en 1951, un orchestre moderne permanent, l’African Jazz, en associant des instruments musicaux folkloriques locaux et étrangers et en introduisant notamment la guitare électrique dans la musique congolaise. Cette révolution a été accentuée avec la réappropriation de la rumba cubaine (ou mieux le retour de la rumba des Amériques à sa terre d’origine : l’Afrique) ; ce qui a permis à l’African Jazz de récolter le premier succès phénoménal non seulement au Congo mais aussi à travers toute l’Afrique et même dans le monde. Ainsi donc, tous les groupes musicaux ou les artistes musiciens ayant apparu sur la scène après l’African Jazz sont des héritiers du Grand Kallé.

Sur le plan politique, le Grand Kalle a utilisé la musique, qui est le plus puissant moyen de communication, pour véhiculer le message de la décolonisation du Congo et du reste des pays africains, ainsi que pour défendre la cause d’une Afrique libre, unie et prospère, laquelle cause a été le catalyseur du panafricanisme. Parmi les chansons engagées, les plus marquantes « Independence Cha Cha » ( sorti en 1960)—qui deviendra l’hymne de toutes les nations africaines accédant à la souveraineté internationale—et « Africa mokili mobimba » (publiée en 1961). À l’indépendance du Congo le 30 juin 1960, il fut membre du gouvernement Lumumba en qualité de secrétaire à l’Information. Et en 1967, lors du sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à Kinshasa, il avait remis à chaque chef d’État présent un 45 tours à la gloire de son pays. En conséquence, c’est à juste titre qu’il est considéré comme l’un des pères de l’indépendance du Congo et de l’OUA (1963). Enfin, c’est pour la cause nationaliste et panafricaniste qu’il est mort en martyr, à la fois artistiquement (depuis la désintégration de l’African Jazz en 1963) et physiquement, vingt ans plus tard. Il est donc un héros national.

L’agence Amagep invite les mélomanes et les amoureux de la culture à savourer la chanson « Hommage à Grand Kallé » produite par Tshika-Tshika, chantée par les deux grands artistes de référence de la période qui a suivi la révolution de l’African Jazz : Franco Luambo Makiadi et Rochereau Tabu Ley. Le premier, leader charismatique du TP OK Jazz décédé en octobre 1989, alors qu’il fut son principal rival, atteste que Joseph Kabasele est le père de la musique congolaise. Le second, ayant évolué dans l’African Jazz de 1959 à 1963, reconnaît Kalle Jeff comme son père. Le témoignage que ces deux icônes apportent, à travers la chanson, doit aider les jeunes générations à ajuster leur connaissance de l’histoire de la musique congolaise en rendant à Grand Kalle l’hommage et le respect qui lui sont dus. Le logo, qui apparait dans l’image montée par Amagep, est composé de la carte de la RDC sur laquelle est incrustée la figure de Joseph Kabasele. On y voit aussi le likembe, qui est un instrument traditionnel symbolisant la musique folklorique africaine, manipulé par une personne dont seulement les mains apparaissent. Cet instrument est connecté par une fiche électrique au grand barrage d’Inga (invisible), situé dans la province congolaise du Bas-Congo, pour symboliser le fait que le Grand Kalle a innové la musique congolaise en introduisant la sonorisation électrique.

Source 

AFRIQUECHOS.CH

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