septembre 6, 2026

amagep

Ici pour vous!

Retour vers le Futur : Les Prestations de la RDC en Phases Finales de la CAN (suite)

Gabon 2017 pour la 31ème Edition de la Coupe d’Afrique des Nations

Les deux pays qui avaient organisé conjointement la CAN 2012, étaient une fois de plus au rendez-vous organisationnel de la fête footballistique continentale. La Guinée Equatoriale qui avait repris le flambeau en organisant l’édition 2015, avait laissé le témoin à son voisin gabonais pour faire de même en 2017. Pour les Léopards, Ibenge avait laissé une forte impression en aidant la RDC à se hisser parmi les équipes médaillées de la CAN, lors de sa première CAN comme entraineur en 2015. Florent devenait le 2ème congolais à l’avoir fait après feu Louis Watunda en 1998 au Burkina Faso, et le premier tout en étant entraineur d’un club. Ibenge avait une double casquette ; sélectionneur des Léopards, il était également entraineur de l’AS V. Club qu’il avait amenée en finale de la Champions League africaine en 2014 contre l’Entente  Sportive de Sétif d’Algérie. En cette même année 2017 après la CAN au Gabon, Florent Ibenge qualifiait l’AS V. Club pour une seconde finale des compétitions interclub de la CAF – la Coupe de Confédération de la CAF contre le Raja de Casablanca. A chaque fois, l’AS V. Club perdait la finale contre ces clubs du Maghreb ; ceci témoigne de la suprématie du football maghrébin par rapport au reste de l’Afrique.

A la CAN 2017, Kiassumbua, Matampi, Bope Merveille, Lomalisa, Ikoko, Tisserand Marcel, Fabrice N’sakala, Mulumba Remy, Mpoku José, Maghoma Jacques, Mubele, Bakambu et Bolingi, ont été retenus en remplacement de certains cadres qui avaient pris part à l’édition précédente, mais la majeure partie de l’effectif de 2015 avait été retenue, sans l’emblématique Kidiaba dans les perches. Ce dernier ayant tiré sa révérence. Les Léopards ont été tirés dans le Groupe C aux côtés du Maroc, du Togo et de la Côte d’Ivoire, à Oyem. Contre le Maroc en deuxième match de la première journée dans ce groupe, la RDC avait une obligation de résultat qu’il fallait remplir ; Hervé Renard qui avait remporté le titre avec la Côte d’Ivoire en 2015, avait battu Ibenge en demi-finale de cette CAN Equato-Guinéenne. Aujourd’hui, entraineur du Maroc contre le même Ibenge, c’est le choc des titans. Le Maroc a dominé la première mi-temps sans succès.  Au retour des vestiaires, il avait fallu attendre une bonne dizaine de minutes pour voir la première incursion de ce second acte, Mubele s’échappait sur la gauche  et concluait sa chevauchée sur un très bon centre devant le but. A la réception, le défenseur marocain Kajoui  repoussait le ballon sur son poteau, avant qu’il ne parvienne miraculeusement sur Junior Kabananga, qui le reprenait victorieusement d’un geste acrobatique – 1-0, à la 55ème minute. Même l’expulsion de Lomalisa, 16 minutes après son entrée en jeu, n’avait pas gâché la fête des Léopards qui s’étaient imposés par la plus petite de marges. En deuxième match, les Eléphants de la Côte d’Ivoire attendaient les Léopards, comme en demi-finale de l’édition précédente. A la 10ème minute de jeu, Neeskens Kebano était le premier à donner l’avantage aux Léopards, 0-1,  les Eléphants avaient répliqué par Bony 16 minutes plus tard pour l’égalisation. Comme contre le Maroc, Kabananga marquait son 2ème but de la compétition et le 2ème du match en cours, 2 minutes après le but de Bony. 1-2 était le score à la pause et celui du match également. Deux ans plus tard, Ibenge avait vengé sa défaite contre Hervé Renard et les Léopards vengeaient la leur contre les Eléphants. A la clôture des matchs de groupe à Port Gentil, les Eperviers du Togo conduits par Sheyi Adebayor étaient le prochain adversaire des Léopards de la RDC. Qui encore, si ce n’était que Kabananga pour donner du tonus ? Il marquait le 1er but congolais et c’était sur ce score de 0-1 que la mi-temps fut sifflée. 9 minutes après le retour des vestiaires, Mubele inscrivait le 2ème but des Léopards avant que M’Poku n’alourdît la marque à 10 minutes du temps règlementaire sur un coup franc magistralement exécuté. Les togolais avaient sauvé les meubles par Laba pour 1-3 au finsih. La RDC chapeauta le groupe suivie du Maroc tandis que le tenant du titre, la Côte d’Ivoire et le Togo, étaient éliminés.

Les Black Stars du Ghana s’érigeaient en Goliath face aux Léopards en quart de finale. En première période, la maladresse symbolisée par Mbokani qui, après avoir profité d’une remise mal assurée d’un défenseur ghanéen dans la surface, dribblait le gardien pour voir son tir échouer sur le poteau alors que le but était vide.  Après avoir bien résisté aux assauts congolais, le Ghana avait repris le souffle avec Jordan Ayew  qui sanctionnait les atermoiements des Léopards  à la 63ème minute, pour l’ouverture du score. 4 minutes avaient suffi pour que les Léopards revinssent à la marque.  Sur un coup franc rapidement joué, Mpoku lâchait un missile dans la lucarne des Black Stars pour l’égalisation à la 67ème minute. La RDC avait cru avoir bénéficié d’un penalty quand Kabananga avait été visiblement accroché dans la surface sans que l’arbitre ne sifflât. Au contraire ce sont les ghanéens qui en avaient bénéficié ; Christian Atsu s’effondrait dans la surface congolaise après un accrochage avec Lomalisa. André Ayew, capitaine en l’absence d’Asamoah Gyan resté sur le banc, transformait le penalty, signant ipso facto la victoire du Ghana à 12 minutes du temps réglementaire, 1-2 était le score final. Les Léopards n’auront pas réédité l’exploit de Malabo. Eliminés, ils rentrèrent pour préparer d’autres joutes tout en pansant les plaies de cet inachèvement.

Egypte 2019 pour la 32ème Edition de la Coupe d’Afrique des Nations

C’est la première CAN sans feu Issa Hayatou depuis 1988 comme président de l’instance faitière de football en Afrique. Peu avant la phase finale de la CAN marocaine de la même année, à l’issue du vote, Issa succédait à l’Ethiopien Yednakatchew Tessema mort en 1987. Le malgache Ahmad Ahmad était désormais aux commandes après qu’il eut battu le camerounais Issa à l’élection présidentielle à la CAF. Ancien Président de la Fédération de football et ancien ministre des sports à Madagascar, Ahmad s’était vêtu d’une mission de « prétendument » redorer l’image de la CAF. Ce furent plutôt les malversations financières au niveau de la trésorerie de la CAF, mêlées aux autres scandales qui lui valurent un séjour aux nioufs en France. Ahmad a été trop loin de la mission qu’il fit sienne à son entrée en fonction.  

Le nouveau patron de la CAF  héritait d’une CAN 2019 dont les droits d’organisation étaient octroyés au Cameroun, le pays de Issa Hayatou.  Cette prise de pouvoir par Ahmad Ahmad a connu un premier tsunami quant au nombre des pays qui se qualifieraient pour les prochaines phases finales de CANs. Le Comité  Exécutif de la CAF, sous l’emprise du nouveau patron, avait entériné la décision de revoir à la hausse le nombre des pays qualifiés. Il ne s’agira plus de 16 pays qualifiés, mais de 24 pays aux phases finales. Une approche que réfutait son prédécesseur avançant le manque d’infrastructures comme épais goulot d’étranglement pour une CAN à 24 dans beaucoup de pays africains. Il ne cita que le Maroc, l’Egypte et l’Afrique du Sud comme seuls pays capables d’abriter une CAN à 24. Pour le Cameroun, le cahier des charges contenait des spécifications pour une CAN à 16 et non à 24. Changer les règles en plein match n’était du goût des camerounais ni des experts – une décision pris hâtivement. Pourtant Ahmad le sait bien que le football en Afrique est tellement tributaire des gouvernements financièrement que perturber un cahier des charges en plein chantier, rendrait impossible la réalisation des travaux en temps réel. C’est ce qui fut le cas – le Cameroun n’était plus en mesure de satisfaire le nouveau cahier des charges pour accommoder les échéances d’une CAN imminente. La CAF prit la décision d’octroyer à l’Egypte, l’organisation de la CAN 2019 et le Cameroun, celle de 2021. 

Pour la phase finale de la CAN 2019 prévue du 21 juin au 19 juillet en Egypte, , Florent Ibenge reconduisait les fauves congolais. Dans sa tanière, on retrouvait les pèlerins du pèlerinage footballistique gabonais de 2017. Parmi les nouveaux entrants dans la tanière, se trouvaient Britt Assombalanga, fils de l’ancien canonnier des Dragons – Bilima et Jacques Maghoma pour ne citer que ceux-ci qui évoluaient en Angleterre en différentes sphères de championnats. Le vieillissant Trésor Mputu a été embarque in extremis. Les Léopards étaient placés dans le Groupe A avec le pays organisateur, l’Egypte, le Zimbabwe qui les avait battus au Stade des Martyres en éliminatoires de cette CAN et l’Ouganda – coaché par l’actuel entraineur de la RDC – Sébastien Desabres. La RDC inaugurait sa participation face a l’Ouganda de Desabres le 22 juin 2019 au Stade international du Caire. A la 14ème  minute, les Léopards sont accueillis à froid par les Cranes Ougandais qui ouvraient la marque par l’entremise de Kudu. La piètre performance de la RDC ne présageait aucune lueur d’espoir tant que les ougandais avaient une nette maitrise des débats sur le terrain. Ce qui avait été justifié à la 48ème minute quand Okwi doublait la mise pour les Cranes. Médusés, les Léopards quittaient le terraient la queue entre les pattes au dernier coup de sifflet qui sanctionnait l’issue de la rencontre.

Le sud-africain Victor Gomes était l’arbitre pour le deuxième match des Léopards contre les Pharaons d’Egypte, 4 jours plus tard, soit le 26 juin 2019.  Les analystes et experts du football prédisaient un sursaut d’orgueil dans le camp Léopards face au pays organisateur. Il y a 13 ans que l’Egypte et la RDC s’étaient rencontrés en huitièmes de finale de la CAN 2006, encore en Egypte. La bande à Hossam Hassan et Ahmed Hassan avait éclaboussé les Léopards (alors Simbas) sur son parcours vers le sacre final. Les spectateurs et téléspectateurs allaient-ils vivre un match revanchard de la part des Léopards ? Que nenni !  Elmohamady tut la fougue des congolais avec l’ouverture du score à la 25ème minute pour l’Egypte avant que  Trezeguet Salah ne le doublât à la 43ème minute. Le score resta tel quel jusqu’à la fin de la rencontre. Si le nombre des participants était maintenu à 16, les Léopards auraient dû dire au revoir à cette CAN après leur deuxième défaite consécutive. Le passage à 24 offrait une minime fenêtre d’opportunité pour se qualifier ; les Léopards devaient battre le Zimbabwe et espérer être retenus parmi les meilleurs troisièmes  ou meilleurs perdants.

Au stade du 30 juin du Caire le 30 juin 2019, les Léopards avaient rendez-vous avec l’histoire. Depuis sa nomination comme entraineur de la RDC, Ibenge Florent n’avait jamais quitté la CAN au premier tour et la CAN égyptienne  ne pouvait être une tache d’huile qui salirait la tunique de son illustre carrière à la tête des fauves congolais. Dès la4ème minute du match, le fils de Merikani Mpangi, autrefois emblématique gardien des Léopards aux CANs 1988, 1992 et 1996, Bolingi, ouvrait le score avant que Bakambu ne doublât la mise 30 minutes plus tard. La mi-temps intervenait sur ce score de 2-0 en faveur du onze congolais. Dans les vestiaires, Ibenge tirait les oreilles à ses ouailles de ne dormir sur leurs lauriers avec ce score. Il fallait améliorer le goal-average pour espérer cette 3ème place et qualifier les Léopards parmi les meilleurs perdants. 20 minutes après le retour sur le gazon, Bakambu alourdissait la marque sur penalty. A 12 minutes de la fin du match,  Assombalonga clôturait la punition avec le 4ème but au compteur. 4-0 pour les Léopards, était le score qui sanctionna l’issue de la rencontre.

Immense ouf de soulagement ! Les Léopards ont tiré leur épingle du jeu à l’opération comptable de leur bilan dans le Groupe A. En trois matchs, ils en ont perdu 2, aucun nul et en ont gagné un pour un total de 3 points avec 4 buts marqués et 4 encaissés pour un goal-average nul et vierge. Au finish, les Léopards s’étaient classés deuxième meilleur 3ème après la Guinée, et suivis du Benin et de l’Afrique du Sud – les 4 meilleurs 3èmes de cette première CAN à 24.

En huitièmes de finale, l’adversaire de la RDC avait pour nom le Madagascar, le pays d’origine du président de la CAF  lors de cette CAN. Son 1er vice-président à la CAF n’étant personne autre que Constant Omari, le président de la Fédération Congolaise de Football en RDC.  Le 7 juillet 2019 au Stade d’Alexandrie, les Barea du Madagascar  étaient déterminés à faire avaler les couleuvres aux Léopards. La folle aventure continuait pour Madagascar, qualifié pour les 1/8 de finale de la Coupe d’Afrique des nations pour sa première participation.  L’entame du match était témoin d’une folle envie de vaincre pour les malgaches devant leur compatriote et président de la CAF, Ahmad Ahmad dans les tribunes. Ce n’était pas Amada qui dirait le contraire ! Ce milieu du terrain arrivait comme une fusée pour décocher une frappe surpuissante à 20 mètres des buts. Le ballon terminait dans la lucarne de Matampi qui ne put rien faire. 1-0 pour les Barea. On jouait la 9ème minute. Mais la furtivité des Léopards n’a pas été mise a dure épreuve pour longtemps en tout cas. A la 21ème minute le magnifique centre de Muzinga  trouvait Bakambu en pleine course, l’attaquant congolais croisait sa tête pour tromper le portier adverse, Adrien, pour le but égalisateur. Au retour des vestiaires, il fallut attendre la 79ème minute pour que les malgaches prennent le large – Andriatsima attendait la terminaison des chevauchées offensives par Metanire sur le flanc droit pour victorieusement reprendre le cuir de la tête  et trouver le chemin des filets face à un Matmapi aux abois. Le Madagascar menait par 2-1. Dans l’ultime minute du temps règlementaire, Chancel Mbemba volait la vedette aux joies anticipées, côté malgache. Sur un corner de Meschack frappé au second poteau, le défenseur international plaçait une tête puissante pour une deuxième égalisation congolaise. 2 buts partout était le score a la fin du temps réglementaire.  Les 30 minutes de prolongations n’avaient rien donné comme le marquoir resta inchangé. C’était la fatidique épreuve des tirs au but. Marcel Tisserand et Bolasie rataient leurs tirs pendant que les Barea avaient converti les leurs. Le score de  4-2 aux TAB (Tirs Au But) offrait aux malgaches leur premier 1/4 de finale à leur première phase finale de la CAN.

Une élimination congolaise qui mettait fin à une épopée ; la dernière CAN pour Florent Ibenge avec la RDC et le raccrochement des crampons pour beaucoup de joueurs qui tiraient leur révérence internationale.