
Elle s’assume sans lésiner sur les moyens dans ses prises de position par ses intransigeance et imperturbabilité. Wagner Kayikwamba Thérèse est l’architecte des échafaudages politico-diplomatiques que son pays, la RDC, hisse pour faire plier le Rwanda. Elle n’hésite nullement à franchir les plus hauts et les plus larges « Rubicons » de l’impossible pour faire valoir la pesanteur de la RDC dans la balance sur l’échiquier international. Son background d’Assistante Politique et Officier chargée des Affaires Politiques près l’Envoyé Spécial du Secrétaire Général des Nations –Unies dans la Région des Grands Lacs, Xia Huang, à l’époque, témoigne du volume de son répertoire cognitif de l’environnement belliqueux nourri par les forces du mal qui y prévaut. Sa connaissance des Grands Lacs et du Rwanda pour y avoir travaillé au sein de l’Agence de Coopération Internationale Allemande pour le Développement – GIZ, est un gage de sécurité qui renforce le sentiment de confiance en elle.
Actuelle Générale de l’armée diplomatique congolaise, elle a jonché les sièges des décideurs régionaux, africains et internationaux au moyen des épines et clous pour leur chatouiller le postérieur à tout moment qu’ils veillent s’asseoir. Le but, le sempiternel rappel aux dirigeants du monde d’avoir une ouïe fine aux atrocités et barbaries commises par les terroristes du M23 appuyés par Rwandan Defense Forces – Forces de Défense Rwandaises, dans l’est de la RDC et surtout lors de leur incursion meurtrière le 25 janvier 2025.
Depuis sa prise des fonctions le 13 juin 2024, la Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie a foulé les parvis des halls où s’enferment les hommes et les femmes forts du monde brassés en puissantes organisations internationales, pour faire entendre la voix de la RDC. En amont, qu’elle ait déjà montré des signes précurseurs de sa volonté de manager la diplomatie congolaise autrement, c’est l’attaque sur Goma par les meurtriers terroristes rwandais qui aura été le facteur déclencheur de sa fougue. Jamais la RDC n’a connu des Ministres à ce poste qui soient aussi perspicaces et fougueux que Kayikwamba, hormis son prédécesseur Lutundala dans l’hypothèse du contraire, qui arborait des confrontations directes. Avec Madame Wagner, c’est une diplomatie qu’elle mène avec parcimonie. Son opiniâtreté et sa perle oratoire convaincante font d’elle le chouchou des stations de télévision et de radio partout au monde. Son intarissable loquacité, son vocabulaire excellemment riche et son apparence « goliathissime » assurée, font d’elle un refuge et un appui, un secours toujours présent quand la RDC est en détresse, surtout en ce moment.
Impavide lors des points ou conférences de presse et interviews en aparté, Madame Kayikwamba Wagner avait abaissé les regards hautains du Rwanda lors de sa costaude prestation en anglais au Conseil de Sécurité des Nations Unies le 28 janvier 2025, dont une partie est reprise verbatim comme suit (traduction):
« …tout d’abord, je voudrais souligner que pour la première fois lors de nos rencontres, le Rwanda a présenté ses condoléances pour les soldats de la paix tombés pendant l’assaut. Cependant, je voudrais rectifier quelque chose : les soldats de la paix ne sont pas simplement morts dans le processus, les soldats de la paix ont été tués. Deuxièmement, les forces de la SADC ou SAMI-RDC n’ont pas été déployées unilatéralement par la RDC mais plutôt avec le mandat de l’UA, une organisation dont le Rwanda fait partie, même si son comportement en RDC bafoue clairement ses principes. Troisièmement, le M23 s’est exclu du processus de Nairobi en renouvelant ses attaques contre les FARDC, le gouvernement de la RDC a néanmoins exprimé sa volonté de réintégrer le M23 dans le processus de Nairobi. Nous rejetons l’obsession du Rwanda et ses tentatives d’élever le M23 au rang d’interlocuteur jugé crédible à s’asseoir à la même table que le gouvernement légitime. Trente ans plus tard, nous n’avons jamais abaissé nos attentes et nos exigences envers le Rwanda pour qu’il discute avec ses frères et sœurs – les FDLR qui sont toujours dans notre pays – nous ne nous sommes jamais abaissés à ce niveau. Quatrièmement, sur le changement de régime, nous rappellerons à la délégation rwandaise que le M23 et l’AFC ont exprimé à plusieurs reprises leur intention de marcher sur Kinshasa, le même M23 que les forces rwandaises soutiennent en ce moment. Il y a une subtilité qu’il ne faut négliger entre les paroles et les actes. Les actions du Rwanda aux côtés du M23 sont des actions dont l’objectif est de renverser un gouvernement établi de façon légitime… »
Un témoignage éloquemment révélateur et affermissant de sa témérité ; Madame la Ministre des Affaires Etrangères ne recule jamais face aux aléas de l’histoire des nations qui font du Rwanda leur proxy. Aujourd’hui encore, elle a pris l’initiative de s’adresser aux dirigeants des équipes de football qui portent « Visit Rwanda » sur leurs vareuses. Les clubs d’Arsenal, de Bayern Munich et de Paris Saint Germain ont reçu des lettres officielles que la Ministre Kayikwamba leur a écrites. Elle se plaint de ce soutien continu pendant que le Rwanda massacre les innocents en RDC. Aussi, elle dénonce cette trilogie Tuerie- Pillage-Argent que pratique le Rwanda pour honorer ses sponsorings. Désormais « Visit Rwanda » devrait être abandonné et le sponsoring annulé. En revanche « Visit Congo Blood in Rwanda» ferait bonne affaire. Kayikwamba est sur tous les fronts pour obtenir la condamnation du Rwanda et des sanctions à l’encontre de ce dernier.
Gestionnaire Régionale de Programme pour l’Afrique Subsaharienne chez Meta, son dernier poste avant l’appel de Madame la Première Ministre, Suminwa Tuluka de rejoindre le gouvernement, elle frémit les fondements de la géopolitique et les ébranle. Elle donne l’air de planer sur les ailes du vent par l’expertise qu’elle dégage lorsqu’elle est impliquée dans les efforts en quête des solutions aux crises pour faire cesser les combats et stopper les déplacements massifs de populations. Sa riche expérience onusienne pour avoir œuvré au sein de la MONUSCO en RDC et de la MINUSCA en République Centre Africaine lui serve d’appuis sans complaisance dans l’accomplissement de ses devoirs.

La quarantaine révolue et un peu plus, le jeune âge de la Ministre d’Etat et Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et Francophonie, ne la prédispose pas à gober les velléités vexatoires de quiconque, le Rwanda en premier. Les reniements de ce dernier au regard de son implication dans cette guerre et son lapin posé au processus de Luanda ont accouché d’un dégout qualifié par Thérèse Kayikwamba d’absence d’élégance diplomatique dans le chef de Kagame. L’âge n’étant qu’un chiffre, c’est aux âmes bien nées que la valeur n’attend point le nombre des années. Elle brise les rouspétances avec une verge de fer en dépit des dissensions qui frisent la perversité chaque fois que la cause congolaise est annoncée. Un art à l’essence des traits singuliers puisés dans la pédagogie dont elle est bachelière à l’Université de Mayence en Allemagne
Son globe-trotting aidant, la Ministre d’Etat jouit d’un polyglottisme rhétorique outrecuident, elle transcende si aisément les barrières linguistiques qu’elle est toujours aux aguets pour que la sémantique des speechs ne reste tordue lors des assisses et des échanges. Couramment à l’aise en Français, en Allemand et en Anglais, Madame la Ministre manie ces langues avec compétence et diligence professionnelle voulue. Depuis sa nomination, les plaidoiries en faveur de la RDC entreprises aux Nations Unies, à l’Union Européenne, aux Droits de l’Homme, devant les différents Parlements etc. sont exercées dans la langue que dicte l’environnement. C’est là que ses qualités d’anthropologue lui servent d’outils pour naviguer politiquement.
Son cursus éducationnel comprend des titres académiques d’envergure à la suite de ses passages universitaires fructueux à Louvain la Neuve, au Kennedy Havard School, au Fordham University, Havard Law School ; sans oublier les accolades obtenues de Studienstiftung des Deutschen Volkes, United Nations OCHA, FBA (Folke Bernadotte Academy, Centre des Stratégies sur la Sécurité de Genève (Geneva Centre for Security Policy)et Swisspeace. Toujours est-il qu’en dépit de ce parcours académique richement étoffé, Thérèse éprouve des remords pour avoir raté d’intégrer la prestigieuse Université de Columbia aux USA, suite à une hésitation qui lui fit manquer de confiance en soi petitement.

Master en poche, ses performances internationales à longueur des journées en faveur de la RDC ne font douter quiconque de sa maitrise des questions relatives aux efforts de paix dans l’optique de sauver les vies humaines. L’université de Columbia reste un lointain souvenir désagréable pendant que le devoir pour la nation l’appelle répétitivement. Ainsi, il y a deux mois, dira-t-elle aux Nations-Unies : « Madame la Présidente, merci de m’avoir accordé à nouveau la parole. Je serai brève mais je me dois de répondre avec la plus grande clarté et fermeté face aux arguments avancés par le représentant permanent du Rwanda. D’emblée, soyons clairs : je ne blâme pas le Rwanda pour tous les maux de la République Démocratique du Congo. Je blâme le Rwanda pour la présence illégale de ses troupes sur notre territoire. Le massacre de Kishishi, le bombardement du camp des déplacés de Mungunga, le pillage systématique de nos ressources naturelles et les attaques contre les soldats de la paix des Nations Unies et de la SADC. Je blâme donc le Rwanda pour les violations de la charte des Nations Unies. Ces actes sont tous des crimes qui ne relèvent donc pas d’un malentendu ou des différends bilatéraux. Ces faits, Madame la Présidente ne relèvent pas des spéculations, ils sont documentés, corroborés et gravés dans les rapports des Nations-Unies. Je prends premièrement note de la posture du Rwanda qui doute de l’objectivité des experts des Nations-Unies. Le Rwanda avance que la République Démocratique du Congo est confrontée à des nombreux groupes armés. Et oui ! C’est un fait. Mais cet aveu de la complexité de notre contexte sécuritaire ne saurait servir de justification à ses propres violations de notre souveraineté. Ce n’est pas parce que d’autres défis existent que son soutien au M23 ou la présence de ses troupes en République Démocratique du Congo en devienne excusable. Je le dis avec force, l’appréciation du Rwanda sur nos défis internes ne lui donne aucun droit d’y intervenir. Le Rwanda évoque aussi l’idée que le M23 représenterait des communautés marginalisées, permettez-moi de poser une question simple à cette assemblée. Depuis quand les massacres, des déplacements forcés et la réorganisation démographique des territoires sont-ils des moyens légitimes pour répondre à des revendications ethniques et sociales ? Le M23 ne défend aucune cause, il exécute une stratégie dictée par les intérêts du Rwanda. Le groupe d’experts l’a démontré, il ne s’agit pas de défendre les minorités mais de contrôler les ressources et d’affaiblir la souveraineté de la République Démocratique du Congo… »
Que de la magnificence ! Une Générale d’Armée Diplomatique qui fait du bon boulot est une Héroïne Muzalendo à jamais !

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