septembre 6, 2026

amagep

Ici pour vous!

Retour vers le Futur: Les Prestations de la RDC en Phases Finales de la CAN

Sept années de flou footballistique se sont écoulées sans que les Léopards (anciens Simbas) depuis le 18 Février 2006 ne piétinassent les terrains d’une CAN. La dernière apparition des Léopards à la CAN remontait à 2006 en Egypte où les alors « Simbas » avaient échoué en quart de finale face aux Pharaons d’Egypte – futurs vainqueurs. La sélection nationale avait raté trois Coupes d’Afrique, notamment en 2008 au Ghana, en 2010 en Angola et au Gabon et en Guinée Equatoriale en 2012. C’est en 2013 que la RDC s’était qualifiée pour une phase finale de la CAN après cette disette. L’Edition 2013 avait eu lieu en Afrique du Sud. En attendant les Léopards A avaient gagné le trophée inaugural du Championnat d’Afrique des Nations en 2009, le CHAN, en Côte d’Ivoire. CHAN est une compétition qui regroupent les sélections nationales de pays  membres de la CAF dans lesquelles seuls les joueurs évoluant dans leurs championnats domestiques étaient sélectionnables – pas question de jouer au Burundi, au Gabon, en Allemagne, en Belgique, en Turquie ou en Afrique du Sud pour être sélectionné par la RDC pour le CHAN. Les langues se sont déliées depuis en appui des critiques qui expriment (encore) leur stupéfaction qu’une compétition qui concerne les africains ne soit flexible pour permettre aux joueurs évoluant sur le continent de jouer pour leurs sélections nationales, au seul motif qu’ils ne jouent pas dans leurs ligues domestiques. Cet agissement prête à la dichotomie que la CAF dise une chose et son contraire à la fois ; comment promeut-on le football africain quand on applique une ségrégation footballistique qui exclue certains fils du continent par le simple fait qu’ils ne jouent pas au football dans leurs pays d’origine, mais dans les pays africains tout de même ? Ca ne sera jamais une perfidie que les joueurs des sélections concernées, qui jouent en Afrique,  soient autorisés à participer au CHAN. Le temps ne serait aussi opportun de renverser cette tendance que maintenant.

Les calendriers qui devenaient lourds pour les africains qui évoluaient en occident ont été au centre des discussions entre la CAF, l’UEFA et la FIFA principalement. Souvent, la CAN intervenait la même année que l’Euro, même son de cloche pour la Coupe du Monde ; à titre illustratif la CAN 2008 s’est tenue la même année que l’Euro en Suisse et en Autriche, la CAN 2010,  la même année que la Coupe du monde en Afrique du Sud et la CAN 2012 dans la même année que l’Euro en Ukraine et en Pologne. C’est ainsi qu’il avait été jugé nécessaire de modifier la période de tenue de la CAN pour atteindre le plus grand nombre des spectateurs et téléspectateurs dans l’audimat et non de les placer devant l’embarras de choix entre aller à la CAN au début de l’année ou la suivre autrement et se rendre à l’Euro ou à la Coupe du Monde en juin et juillet. L’harmonisation du calendrier relatif à la période de l’organisation de ces compétitions avait obligé la CAF de changer l’année d’organisation de la CAN. Ces organes du football avaient convaincu la CAF de quitter les années paires pour embrasser les années impaires et y organiser la CAN. Voilà qui a justifié la tenue de la CAN en 2013, soit 12 mois après la dernière CAN en 2012. Dorénavant les CANs seront organisées pendant les années impaires et 2013 en était la première édition. Toujours, est-il que les championnats et les ligues en occident demeurent mécontents que leurs joueurs africains abandonnent les clubs au moment crucial des compétitions domestiques pour honorer leurs sélections à la CAN. Ils plaident pour que la CAN ait lieu à la fin des championnats et ligues, soit en mai ou juin, or, en Afrique, la non-uniformité du climat rend cette approche irréalisable. La pluviométrie et autres précipitations varient selon le pays et les régions d’Afrique ; en l’absence d’un compromis qui satisfasse tout le monde, janvier et février restent les mois où les précipitations sont moins denses. Aussi, ces mois correspondent à  la période d’inactivité dans la plupart des championnats et ligues à cause de la trêve hivernale, ce qui permet aux joueurs africains sélectionnés qui y évoluent d’être présents à la CAN en cette période.  En Angleterre, en revanche, l’EPL-English Premier League, ne connait pas de répit hivernal ; les clubs sont pétrifiés à l’idée de relâcher  leurs meilleurs éléments africains au profit des équipes nationales de leurs pays d’origines, présentes à la CAN. Une telle perte est un casse-tête pour les entraineurs et les administrateurs des clubs qui doivent  s’activer sur le marché des transferts pour pallier aux absences, un exercice dispendieux et déplaisant au niveau de leurs tirelires.   

La CAN 2013 présentait une opportunité pour le Léopards de se ressaisir  après avoir connu quatre sélectionneurs depuis 2006 : Claude Le Roy (2004-2006) ; Henri Depireux (2006-2007) ; Patrice Neveu (2008 – 2010) et Robert Nouzaret ( 2010-2011).  Au limogeage de ce dernier, Claude Le Roy revenait à la tête de l’équipe nationale et avait réussi à décrocher le billet des Léopards pour l’Afrique du Sud. En éliminatoires, ils se l’étaient coulés douce en écrasant les Iles Seychelles 7-0 sur l’ensemble des deux rencontres, avant de disposer de la  Guinée équatoriale 4-0 au match aller. En Afrique du Sud pour cette CAN, les Léopards de la RDC étaient en position d’outsider dans ce groupe B avec des Aigles maliens, des Etoiles ghanéennes et le mena nigérien.  Un seul objectif : passer  ce premier tour. Kidiaba, Kimuaki, Mongungu, Mabiala, Mpeko, Makiadi, Mulumbu, Zola, Mputu, Mbokani et LuaLua étaient à bord de ce bateau qui naviguait parfois sans ancrage. Face aux Black Stars pour la première journée, les Léopards concédaient un nul de 2-2 au Stade Nelson Mandela Bay à Port Elizabeth, le 20 janvier 2013. Toujours dans ce même stade, le Mena du  Niger tenait en échec les Léopards le 24 janvier 2013. Pour la dernière journée des matchs du groupe. Les Léopards rencontraient le Mali de l’inoxydable Seydou Keita au Moses Mabhida Stadium de Durban. Mbokani avait ouvert la marque à la 3ème minute de jeu avant que Samassa n’égalisât 11 minutes plus tard pour le Mali. A cette CAN en Afrique du Sud, Mbokani avait marqué à deux reprises sur penalty contre le Ghana au premier match et contre le Mali lors de la 3ème journée. La RDC enregistrait un troisième nul et fut éliminée sans avoir perdu tandis que le Niger quittait l’Afrique du Sud sans avoir marqué.

This image has an empty alt attribute; its file name is image.jpeg

Trésor Mputu Mabi était très attendu en 2013 après sa grosse bourde en 2006 dont il reçut un carton rouge qui avait mis fin à sa participation à la CAN égyptienne. Le coach Claude Le Roy n’avait cessé de louer le talent insolent de son protégé dont il déclarât de ne pouvoir monter son une équipe sur le terrain sans Trésor Mputu. Il était tellement convaincu par l’impact de ce talentueux artiste que toute l’équipe était subordonnée à la «Trésor Mputu dépendance ». Hélas ! Il ne put éviter le chavirement du bateau Léopards, l’attaquant du TP Mazembé était le meilleur joueur évoluant sur le continent; meneur d’attaque, créateur, buteur (meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des champions africaine avec 41 réalisations et passeur), le capitaine des Corbeaux (TP Mazembe) était l’une des pièces maîtresses du coach français. Ce qui l’avait poussé à lui donner le brassard dès sa prise de fonction (pour la deuxième fois) en 2011. Mais il savait pertinemment bien que Mputu était d’un tempérament irascible ; qu’il  avait cette tendance à péter le plomb par sa personnalité ambivalente, comme en témoigne le tabassage d’un arbitre pour un carton rouge reçu lors d’un tournoi amical au Rwanda au printemps 2010. Enorgueilli par un ego aux proportions hors du commun, le résultat était ce cocktail létal dans un behaviorisme qui vacillait entre le chaud et le froid, rendant Mputu capable du meilleur comme du pire.

Guinée Equatoriale  2015 pour la 30ème Edition de la Coupe d’Afrique des Nations

This image has an empty alt attribute; its file name is image-1.jpeg

Claude Le séjour de Le Roy a la tête du onze national congolais n’avait pas dure. Après la CAN sud-africaine, il avait été remplacé par l’ancien joueur et finaliste de la CACC (Coupe d’Afrique des Clubs Champions – devenue la Champion League de la CAF) en 1980 avec AC Bilima, Ndiela Muntubile Santos. Santos était un candidat sérieux après avoir gagné la première Edition du CHAN 2009.  Aussitôt arrivé, aussitôt reparti. En 2014, Florent Ibenge, encore entraineur de l’AS V Club,  prenait l’équipe nationale pour commencer à en ériger le socle ; une fondation sûre sur laquelle s’étofferaient les inputs de toute part. C’était bien Ibenge qui avait qualifié l’équipe nationale pour la CAN 2015. Initialement prévue au Maroc, le Royaume Chérifien avait renoncé à l’organisation de la CAN 2015 à cause de la pandémie du virus Ebola qui sévissait déjà dans les pays du Golfe de Guinée. Il était hors de question de reporter ce rendez-vous continental du football quand les sponsors comptaient sur leur merchandising pendant le tournoi. La Guinée Equatoriale, qui venait de l’organiser conjointement avec le Gabon en 2012, accepta de le faire pour une seconde fois en l’espace de trois ans. Le Maroc avait été suspendu pour deux futures participations à la CAN (2017 et 2019) jusqu’à ce que le TAS – Tribunal Arbitral du Sport annulât les sanctions infligées par la CAF au Maroc. Par ailleurs, le TAS avait maintenu l’amende ainsi infligée au Maroc, en la réduisant le plafond ; U$ 50 000, 00 payables  au lieu de U$ 1 000 000.00 initialement demandés.

Florent Ibenge qui avait rendez-vous avec l’histoire pour que la valeur des jugements ne lui soit défavorable, convoqua tous ces joueurs pour l’épopée Equato-Guinéenne : Robert Kidiaba (TP Mazembe), Nicaise Kundimbana , Parfait Mandanda, Jean Kasusula, Issama Mpeko, Cedric Mongongu, Joël Kimwaki, Chancel Mbemba, Gabriel Zakwani, Mabele Bawaka, Christopher Oualembo, Cédric Makiadi, Youssouf Mulumbu, Jean Munganga, Lema Ma,bidi, Neeskens Kebano, Herve Kague, Junior Kabananga, Firmin Mubele Yannick Bolasie, Jérémie Bokila, Cédric Mabwati   et Dieumerci Mbokani . Les joueurs recalés : Lomboto, Distel Zola, Héritier Luvumbu, Lomanisa, Yannick Bangala et Dark Kabangu, avaient du crédit à faire valoir. Mais « le Magister Dixit » trônnt, il n’y avait de la place que pour 23 joueurs, hélas ! Les Léopards du nouveau sélectionneur étaient logés dans le Groupe B à Ebebiyin avec la Tunise, le Cap-Vert  et la Zambie. Si en 2013 en Afrique du Sud, la RDC était éliminée après 3 nuls en autant des matchs, le même récital avait eu lieu en Guinée Equatoriale, mais avec une qualification en poche. Elle s’était jouée aux forceps en comptabilisant le goal average qui était défavorable au Cap-Vert qui avait le même nombre des points que la RDC : 1 – 1  contre la Zambie, 0-0 contre Cap-Vert et 1-1 contre la Tunisie.  La Zambie regagnait le bercail pendant que le Cap-Vert avait été récupéré comme meilleur 3ème

En quart de finale, les Diables Rouges du Congo-Brazzaville attendaient les Léopards ; changement du coaching system – Claude Le Roy qui avait amené les Léopards à la CAN 2006 et à la CAN 2013, avait été nommé entraineur des Diables Rouges. Ce derby du Pool Malebo était également une affaire des managers, l’un européen et l’autre, un local. La première mi-temps était tellement terne qu’il n’y eut pas grand-chose à signaler. A la reprise, avant même que les Léopards ne se réorganisassent, Doré Fereboy ouvrait la marque pour les Diables Rouges. 7 minutes plus tard c’était Bifouma qui doublait la mise sur une erreur de Kasusula, en faveur des voisins des Léopards.  Les Diables Rouges pensaient à réitérer l’exploit de 1972 au Cameroun  où ils furent sacrés champions d’Afrique, et ils ont prolongé la sieste dans l’euphorie de la soirée à leur triste sort. Deux minutes qui ont suivi le but de Bifouma ont permis à Mbokani d’ouvrir le compteur-but pour la RDC. Ibenge avait compris le jeu et procéda au changement ; Kebano remplaçait Cédric Mapwati pour améliorer la tactique sur le terrain. Kebano avait répondu présent ; il prit le contrôle du ballon dans l’entre- jeu avec un Bolasie, très à l’aise dans son élément à gauche, et dont les chevauchées essoufflaient la défense diablotine. A un quart d’heure du temps réglementaire, Bokila inscrivait le but égalisateur. A la 81ème minute, un coup franc par Kebano dans les 16 mètres a été dévié de la tête par Joël Kimwaki pour le 3ème but de la RDC.  Les Léopards qui avaient déjà leurs queues entre les pattes, les avaient redressés. Très critiqué avant ce match, Mbokani, parti seul, s’est retrouvé face au gardien brazzavillois. Il lâcha un boulet de canon que Christopher Mafoumbi repoussa, mais la reprise de Mbokani ne lui laissa aucune chance. C’était le 4ème but des Léopards et le deuxième de la partie pour Mbokani. Ironie du sort, c’était bel et bien les Léopards qui se réjouissaient en enfer où se trouvaient les Diables. Les Léopards s’étaient imposés par 4-2.

La bande au nouvel entraineur Florent Ibenge était en demi-finale, 17 ans après Burkina Faso 1998. Au menu la Côte d’Ivoire, future Championne d’Afrique. Si la star vedette des éléphants ivoiriens, Didier Drogba,  n’était pas de la campagne Equato-Guinéenne, Maestro Zokora, le capitaine Yaya Touré, Gervais Kouassi Kouadio – Gervihno, Serge Aurier, feu Tioté,  Assale (qui jouera plus tard pour le TP Mazambe), Kalou et Bony étaient tous présents. Le 04 février 2015, à  l’Estadio de Bata à Bata, l’arbitre international Sidi Alioum appelait les deux formations au niveau du rond central pour le coup d’envoi. La Côte d’Ivoire était la première à inscrire son nom au marquoir par l’entremise de Yaya Touré à la 20ème minute. 4 minutes [lus tard, Dieumerci Mbokani égalisait pour la RDC avant que Gervinho doublât la mise pour les Ivoiriens, à 4 minutes du break. A la 68ème minute de la partie, Wilfried Kanon alourdissait le score au profit de la Côte d’Ivoire, 3-1 en faveur des Pachydermes ivoiriens au finish, et le match était plié.

En petite finale, – la finale des perdants ou le match pour la 3ème place, le pays hôte, la Guinée Equatoriale rencontrait la RDC.  A la fin du temps réglementaire, les deux sélections ne purent se départager et le match s’était terminé par un score nul et vierge. Comme il n’y a pas des prolongations dans ce genre de match, la séance des tirs au but était inévitable. Un exercice que maitrise bien la RDC pour y être passée il y a 17 ans, mais le Nuevo Estadio de Malabo n’est pas le Stade du 04 Août de Ouagadougou. Ce 07 février 2015, les Léopards de la RDC convertissaient tous ses tirs (Mapwati, Mabidi, Mbemba et Mongungu) pendant que Balboa et Fabiani rataient leurs frappes, laissant seuls Juvenal et Ellong réussir les leurs pour un 4-2 comme score au TAB (Tirs Au Buts).  

Les Léopards remportaient le bronze pour la deuxième fois après 1998 ; Dieumerci Mbokani en était le meilleur buteur, avec 3 buts, exæquo avec Thievy Bifouma. Deux congolais dont l’un de la République Démocratique du Congo et l’autre du Congo-Brazzaville. Le Pool Malebo avait encore rapproché les deux pays au niveau du tableau des buteurs  – pas d’antagonisme comme c’était une affaire de l’Afrique Centrale ;  la Guinée Equatoriale étant également de la CEEAC, c’était de la bonne guerre.