mai 30, 2026

amagep

Ici pour vous!

Retour vers le Futur: Les Prestations de la RDC en Phases Finales de la CAN (suite)

Avec cette troisième place du podium par les Simbas de  la RDC à la CAN de 1998, c’est en l’an 2000 que la compétition biennale renouait avec les ambiances brulantes et les atmosphères bouillantes des stades. On retiendra de ce premier millénaire que l’équipe nationale, sous différentes appellations, a joué les demi-finales de la CAN en 1968 au Ghana, en 1972 au Cameroun, 1974 en Egypte. Deux titres continentaux gagnés aux phases finales de 1968  et de 1974 en Egypte, auréolaient la brillance de l’équipe nationale.

Il est à retenir que ce premier millénaire a vécu sous les rapsodies et les merveilles d’un certain Ndaye Mulamba, alias « Mutumbula (Fantôme), Volvo etc.. ».  Ce goléador en provenance de l’Union Sportive Tshinkunku Nsanga Bilembi de la Province du Kasaï Central (ancien Kasaï Occidental), est éminemment l’un des architectes de la notoriété de l’AS Vita Club (V Club). En 1973, Ndaye était parmi le onze titulaire des Verts et Noirs qui atteignirent le pinacle de la performance en remportant leur unique titre en Champions League  (anciennement appelée la Coupe d’Afrique des Clubs Champions –CACC, rebaptisée Champions League en 1996) ; Ashanti Kotoko de Kumasi en avait payé les frais 3-0 (doublé de Mayanga et un but de Kembo) au Stade du 20 mai au match retour. Une année plus tard, soit en 1974 lors de la CAN égyptienne, Ndaye a inscrit une bagatelle de 9 buts sans plaignant pour en devenir le meilleur buteur. Depuis lors, aucun autre joueur africain n’a réussi à battre ce record qui tient toujours en dépit de la revue à la hausse du nombre des sélections nationales qualifiées pour la phase finale de la CAN. Même à 24 aujourd’hui,  comparées à 8 équipes en phase finale de la CAN ‘74, Ndaye demeure le meilleur buteur de tout le temps en une seule édition de la CAN. Pour toutes les CANs prises dans leur ensemble, les meilleurs buteurs sont Samuel Eto’O Fils et feu Laurent Mpoku qui ont des compteurs plus habillés et détiennent encore la palme ; 29 buts  et 13 buts respectivement. L’augmentation du nombre des participants a entrainé celui des matches ; cette bonification peine encore à favoriser un joueur qui se distinguerait en marquant plus de 9 buts en une phase finale de la CAN et rompre avec les démons d’invincibilité du record encore détenu par  l’ancien feu follet zaïrois/congolais. Certes, les records sont faits pour être battus, mais Ndaye n’a pas vécu assez longtemps pour voir le sien être détrôné du piédestal. Le sud-africain, Benny McCarthy avait fort rêvé de réécrire cette page en 1998 au Burkina Faso, mais il s’arrêta à 2 longueurs du détenteur authentique. Ndaye quitta la terre de ses ancêtres le 26 janvier 2019 à Johannesburg où il avait été hospitalisé pour soins sanitaires appropriés. Au rapatriement de ses restes mortuaires, Volvo avait été fait Chevalier de l’Ordre National posthumément par le nouveau pouvoir. Aussi, faut-il réitérer cette notion que la CAN 1974 qu’ont gagnée la RDC et son meilleur buteur Ndaye, est la seule à avoir été jouée en deux matchs comme précédemment expliqué dans la première partie de cette publication.   

La première CAN du nouveau millénaire démarra en l’an 2000 ; c’est le Zimbabwe qui avait gagné le ticket pour l’organisation de ce premier rendez-vous footballistique du nouveau millénaire. Aussi, la deuxième fois que l’Afrique Australe aurait pu l’organiser après l’Afrique du Sud en 1996. Hélas ! A cause des retards constatés dans la construction et la rénovation des stades par le gouvernement de Robert Mugabe, la CAF lui en avait retiré les droits. Enfin, la CAN 2000 avait été conjointement organisée par le Ghana et le Nigeria – une première dans l’histoire du foot mondial qu’une compétition majeure de football soit organisée par deux nations conjointement, même si après cette CAN 2000, l’Euro 2000 (organisé par la Belgique et les Pays-Bas) et la Coupe du Monde de Football 2002 (par le Japon et la Corée du Sud) suivront dans les pas du précurseur.  

La 12ème  participation de la RDC à la CAN a été rendue possible pour avoir été classée 2ème du Groupe 6 derrière la Zambie et devant le Madagascar et le Kenya en éliminatoires, Tokala Nkombe – Sinda Dinzey, Bakasu Esele, Yuvuladio Kitulele, Kasongo Kabwe – Kasongo Banza, Nsilulu Makaya, Mangituka Missilou, Mbungu Mputu – Yemweni Ngindi, Nsilulu Makaya, Roger Babu  et Emeka Esanga Mamale en formaient le noyau dur. Médard Lusadisu Basilua  veillait au grain au sein du staff technique comme entraineur. Mulekelayi Kanku, sociétaire de Sa Majesté Sanga Balende wa Banjelo ni Ba Santu de Mbuji-Mayi, fut le seul joueur congolais sélectionné venu de Province (Kasaï Oriental). Ces Simbas étaient dans le Groupe B  avec l’Afrique du Sud, l’Algérie et Le Gabon.

Le 24 janvier 2000  à Kumasi Sports Stadium, la RDC fit match nul contre l’Algérie devant 7 000 spectateurs ; un bien maigre chiffre qui justifia la froideur de cette rencontre. Trois jours plus tard, l’attaquant sud-africain Shaun Bartlett condamnait les Simbas à rester dans leur tanière, 1-0 était le score final en faveur des Bafana Bafana. La performance cramoisie des Simbas était la raison de leur piètre prestation au dernier jour des matches du groupe contre les Azingo Stars du Gabon (renommés les Panthères). Les deux formations s’étaient séparées sur la marque d’un nul vierge et éliminées. Deux matchs nuls et une défaite, il était temps pour le capitaine des Simbas, Tokala Nkombe de retourner à la maison avec les siens et suivre le reste du tournoi devant le petit écran comme l’ensemble des congolais – pas de quart de finale pour l’ancien Zaïre. L’équipe nationale était retombée dans ses travers en  quittant la Coupe d’Afrique des Nations 2000, avec zéro but marqué, et une triste 3ème place après la phase des poules, synonyme d’élimination au premier tour

Revoilà la RDC à la CAN 2002 au Mali !  Médard Lusadisu limogé, c’est feu Louis Watunda, la personne à qui la mission de métamorphoser les Simbas avait été confiée. Watunda était derrière le triomphe euphorique du bronze il y a 4 ans au Burkina Faso’98. Si Tokala, Yuvuladio , Mulekayi Kanku… retrouvaient la CAN malienne après celle de 2000 au Nigeria et au Ghana, les nouveaux Simbas étaient arrivés dans la tanière –  Shabani Nonda, sociétaire  au Stade Louis II avec Monaco, Trésor Lualua, recruté de Colchester en Championship (Division Inférieure à la Premier League à l’époque) par les Magpies de Newscastle en doublure de leur attaquant vedette Alan Shearer au Saint James Park et Jason Mayele de Chievo Verona. Avant d’atterrir à Sikasso où le Groupe C (dans lequel se trouvaient les Simbas) était basé, les Simbas avaient fait peur aux congolais contre le Tchad aux préliminaires; ils eurent raison des Sao Tchadiens par la règle du but marqué à l’extérieur. En éliminatoires proprement dits, les Simbas  avaient récolté 10 points derrière la Zambie dans la campagne – ticket d’entrée à la CAN 2002.

Avant de lorgner la suite dans cette compétition, c’est contre le Cameroun, le Togo et à la Côte d’Ivoire que les Simbas devaient affuter leurs armes. Chose qui n’avait pas été aisée car d’entrée de jeu le 20 janvier 2002 contre les Lions Indomptables, ils ne purent rien contre la puissance de Patrick Boma qui crucifia Tokala pour le seul but de la rencontre. Le match contre le Togo se termina par un score nul et vierge dans ce Groupe C.  Mais le 29 janvier 2002 restera à jamais une date mémorable dans la mémoire collective congolaise. Pour la troisième et dernière journée des matchs du Groupe C, la RDC croisait le fer avec la Côte d’ivoire. Les Pachydermes Ivoiriens sont conduits par des joueurs qui faisaient peur à la lecture de leurs noms – Gilles Yapi Yapo,  Maestro Didier Zokora, Didier Drogba (le Mans avant son transfert à En Avant Guingamp), Aruna Dindane, Bonaventure Kalou, Abdul Kader Keita, Kanga Akale, Tchiressoua Guel et Alio Sidi Badra. Devant les Rois de la forêt, Simbas (Lions en Swahili), les éléphants ne pouvaient blesser les lions au moyen de leurs ivoires sans recevoir des gifles aux ongles aigues et déchirantes, et des canines aux vertus dévoratrices qui sectionneraient des trompes dans la bataille. Dès la 3ème minute le Cheminot du Saint Eloi Lupopo, recruté de SM Sanga Balende, Kanku Mulekelayi, réussissait à fendre la défense adverse pour l’ouverture du score en faveur des Simbas ; son but avait été annulé pour position litigieuse. 25 minutes plus tard, le nouveau Simba, Trésor Lualua  servit un caviar à Essongo dont la puissance de frappe obligea le gardien Losseni Konaté à repousser le ballon sur Yuvuladio pour le premier but de la rencontre. Au retour des vestiaires avec un but dans leur escarcelle, les Simbas changeaient de rythme ; leur domination que gérait parfaitement Kanku Mulekayi au milieu du terrain, étranglait les ivoiriens. Le travail abattu par le trio offensif Mayele – Lualua – Nonda, parfois sans ballon, était d’une très haute facture, même si Jason Mayele céda sa place à Manzakala. Le nouveau capitaine des Simbas, Shabani Nonda doublait la mise pour la RDC. A 2-0, qui l’aurait cru ! Comme on dit dans le jargon populaire à Kinshasa : « Ne Crie pas Victoire avant Bongolo ». Tellement Kanku Mulekayi devenait une nuisance auprès des ivoiriens qu’il fut victime d’un tacle affreusement vicieux dans la surface que l’arbitre sanctionna par l’octroi d’un penalty en faveur de la RDC, à 10m du temps règlementaire. Sans trembler,  Papy Kimoto, l’un des héros de l’épopée Burkinabe,  prit le kick qu’il logea au fond des filets de Losseni Konaté. Kanku ne sut continuer la partie à cause de ce tacle et il avait été remplacé par Patrick Apataki (ancien joueur de Sundowns en Afrique du Sud). A 3-0, l’équation devenait à plusieurs inconnus pour la sélection ivoirienne que les habitants de Yopougon et d’Adjamé, trouvaient méconnaissables. Comme garder le meilleur pour la fin est également une devise, Traoré réduisait la marque à 4 minutes du temps réglementaire. Les Simbas s’étaient merveilleusement imposés par 3 – 1 au finish.

La RDC terminait la phase des groupes en 2ème position derrière le Cameroun laissant le Togo et la Cote d’Ivoire rentrer bredouille. L’équipe nationale allait jouer son premier quart de finale du nouveau millénaire – un exploit !

Dans ce match du quart de finale, la RDC faisait face à la fougue du Sénégal ; les Lions de la Téranga avaient rajeuni leur équipe qui avait récolté des exploits en éliminatoires de la coupe du monde FIFA de la même année. El Hadj Diouf, Kalilou Fadiga, Bouba Diop (l’armoire à glace), Aliou Cissé, Salif Diao, Lamine Diatta, Henri Kamara, tenaient tous à inscrire leurs noms dans les annales du football africain. Cette formidable armada était entrainé par Bruno Metsu et Jules Bocande – son assistant. Bruno est mort  le 15 octobre 2013 et enterré au cimetière Musulman de Yoff à Dakar., Jules Bocande-Capitaine Fracasse  a quitté la terre le 07 mai 2012 à Metz où il était idolâtré au Stade Saint Symphorien.  Le 04 Février 2002 au Stade Modibo Keïta de Bamako, le règlement des comptes devait y avoir lieu ; l’arbitre italien Domenico Messina (fruit des échanges et de la collaboration entre la CAF et l’UEFA) donna le coup d’envoi. Sans Kanku Mulekayi qui dictait le jeu au milieu du terrain, les Simbas n’arrivaient pas à coordonner leurs actions ; ce qui donna du vent en poupe aux Lions Sénégalais. A la demi-heure du jeu, Salif Diao ouvrait la marque pour les Sénégalais, et à 4 minutes du temps réglementaire, El Hadj Diouf corsait l’addition pour confirmer l’élimination des Simbas. Le Sénégal battait la RDC 2-0 pour accéder en demi-finales ; les congolais plièrent bagages et quittèrent le tournoi à ce stade.

Le tacle subi par Mulekelayi Kanku contre la Côte d’Ivoire, avait provoqué une grave blessure qui suscitait des soins appropriés à l’étranger. Ce joueur au talent dont on ne doutait jamais les preuves, avait été abandonné à son propre sort alors qu’il avait superbement rempli sa mission pour le compte de la République. Cette blessure a failli mettre fin à sa carrière avant qu’il ne rebondît du côté du TP Mazembe pour rallier Cape Town, en Afrique du Sud où il jouera aux côtés de Bageta et Mubiala dans Ajax Cape Town de l’époque.  Aussi, après cette CAN malienne, Jason Mayele mourut tragiquement dans un accident de voiture le 02 Mars 2002 en Italie, moins de deux mois après sa participation à la CAN 2002 au Mali. Pourtant, Mayele avait promis d’éventrer le boa et étaler en public les linges sales qui ternissaient la gestion du football en RDC ; il a emporté avec lui les secrets qui auraient été d’une importantissime contribution à l’essor du football national.

En Tunisie pour la CAN 2004, les imprévisibilités à répétition des Simbas étaient en leur défaveur pour cette CAN organisée par la Tunisie pour la 3ème fois après 1965, 1994 et 2004. Malgré une CAN relativement bonne au Mali, les fauves congolais sont restés dormants, sans toutefois compromettre leurs capacités de se réveiller en certaines circonstances mais prêts à se rendormir aussitôt. Ce ping-pong des performances, entre ombres et lumières, avait   habitué les fanatiques à du « déjà vu ». Exception faite de la CAN 2000, l’équipe nationale passait régulièrement le premier tour, s’arrêtant souvent en quart de finale, sauf en 1998, année de sa dernière apparition sur le podium.  Logés dans le Groupe A avec le pays hôte, la Tunisie, la Guinée et le Rwanda, il n’y avait plus de Watunda sur le banc, mais plutôt un coach d’origine anglaise: Michael  Waddsworth. Les rumeurs faisaient état de ses accointances avec le capitaine des Simbas, Trésor Lualua qui aurait pesé de tout son poids et fait entendre son aura pour forcer les autorités à embaucher son pote. Lulua avait récupéré le capitanat en l’absence du titulaire, Shabani Nonda ; ce dernier avait déclaré forfait pour la CAN tunisienne après avoir été grièvement blessé  par Karl José – Pierre Fanfan en début de championnat 2002- 2003 en France, à la suite d’un tacle violent dans le match PSG –Monaco. Pourtant les deux avaient évolué ensemble à Monaco la saison précédente.    

Au premier match du Groupe A, la Guinée de Pascal Feindouno, Fodé Mansaré, Boubacar Titi Camara et de Dianbobo Baldé de Glasgow Rangers en Ecosse, s’était imposée par 2-1 contre les Simbas de la RDC. Premiers à ouvrir le score par Masudi, les Simbas ont été rattrapés au score par Camara avant que Feindouno n’enfonçât le clou dans leurs pattes. Les Aigles de Carthage entrainés par feu Roger Lemerre, étaient déterminés à faire de cette CAN, une opportunité de glaner au-dessus de l’Afrique sur les ailes des aigles. Khaled Badra, Alaeddine Yahia, Ziad Jaziri, Hatem Trabelsi, Riadh Bouazizi, et Raidhi Jaidi ne laissèrent aucune chance aux Simbas lors de la deuxième journée. Battus 0-3 (doublé de Santos Francileudo et un but de Braham), les Simbas étaient déjà éliminés en attendant de remplir leur dernier devoir contre le Rwanda et rentrer à la maison quelle que soit l’issue du match.  Dans ce match, la RDC avait bien démarré face aux hôtes tunisiens, ne sachant quelle mouche piqua Trésor Lualua, il a été expulsé par l’arbitre de la rencontre, le sud-africain Jérôme Damon pour un geste antisportif. Leur capitaine parti, les Simbas perdaient le radar pour les guider sur le terrain alors que le score était encore de 0-0. La suite fut horriblement cauchemardesque; une hécatombe que beaucoup avaient qualifiée de manque de vision suite aux préparations hâtives auxquelles les congolais étaient déjà habitués au cours des décennies. 

Au vu de ces deux premières journées, il était évident que Kabamba Musasa,  Félix Mwamba Musasa, Biscotte Mbala Mbuta, Dieudonné Kalulika,  Hérita Ilunga, Marcel Kimbemba Mbayo ou Ngoy Bomboko, n’étaient pas logés à la même enseigne que le nouveau patron. La barrière linguistique entre Michael  Wordsworth et les joueurs n’avait pas facilité les échanges surtout que Michael n’a pas eu le temps de s’acclimater à la façon de vivre des Simbas. Anglophone de son état, il n’y eut que Trésor Lualua qui sut comprendre la langue de Shakespeare avant d’en retransmettre  le récit à ses coéquipiers en français qu’il (Lualua) maitrisait à peine ou en lingala. Ce retard dans le transit des informations capitales par l’entraineur sur la technique et la tactique de jeu à ses poulains, n’était de nature à agrémenter cette campagne en Tunisie. L’interprétariat ayant toujours ses limites quand il est assuré par un profane qui n’en maitrise pas ou petitement les règles de l’art.

Pour boucler la boucle, les Amavubis  (Guêpes) du Rwanda étaient bien dressés sur le dernier virage des Simbas dans cette aventure, prêts à piquer les Simbas aussitôt que possible. C’est la première qualification du Rwanda à une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Ce rendez-vous fut honoré Dimanche, le 01 Février 2004 au Stade du 15 Octobre à Bizerte. Michel Kamanzi,  Olivier Karekezi, Fréderic Rusanganwa, Canisius Bizimana, Karim Kamanzi, Said Abed Makasi etc… étaient des quantités inconnues, côté rwandais, comparées à la physionomie du genre « rouleau compresseur » qu’affichait la RDC. Parmi les rescapés de 1998, Kisombe Mundabi alias Kundé et Marcel Kimbemba Mbayo étaient sur la feuille du match.  Le match n’étant plus d’un enjeu important, la reluctance des Simbas de forcer la note ne fut-ce que pour sauver l’honneur, était indéniablement apparente. Présents sur le terrain mais absents psychologiquement, les congolais peinaient à appuyer un jeu développé intelligemment devant leur entraineur Michael dépassé par les évènements.  A 16 minute du temps réglementaire, Saïd Abed Makasi annihilait définitivement les espoirs congolais de rentrer au pays avec une victoire, en marquant l’unique but de la rencontre – Rwanda 1 – 0 RDC. L’orgueil des Guêpes et du pays augmentait d’un cran car c’était la première fois que l’équipe nationale rwandaise battait celle de la RDC en compétitions officielles.  Honteusement la RDC avait perdu tous ses trois matchs avec un seul but marqué contre six encaissés pour un goal average décevant de -5 buts.  Au tableau final du Groupe A, la RDC languissait au bas de l’échelle dépassée par le minable Rwanda au classement final. Le Rwanda, bien qu’éliminé, avait fait une belle CAN saluée par le monde du football ; les joueurs rwandais furent portés en héros à leur retour à Kigali.

La deuxième partie de la série de cette publication ne pourrait se terminer sans noter le changement intervenu en RDC après la  CAN 2006 en Egypte ; l’équipe nationale a changé d’appellation – les SIMBAS sont redevenus les LEOPARDS le 18 février 2006. Cette mutation a fait suite au changement survenu au niveau des armories de la République par l’adoption et la promulgation de la nouvelle constitution. Beaucoup auraient préféré que ce changement intervînt plus tôt pour effacer ce pire souvenir d’il y a deux ans en Tunisie. Si Trésor Lua Lua était encore présent, ce ne fut nullement le cas de son ami Michael. Wordsworth n’était plus rentre à Kinshasa après la désillusion à la CAN 2004, il avait pris son vol de Tunis pour rejoindre son Angleterre natale.

Aux commandes en Egypte, c’est un vieux loup, un vrai franco-africain qui prit les rênes de la sélection nationale. Vainqueur de la CAN avec le Cameroun en 1988, Claude Le Roy avait amené une équipe fortement remaniée. Feu pascal Kalemba était secondé dans les perches par un nouveau portier, sociétaire de Orlando Pirates d’Afrique du Sud, Francis Chansa alors que Dikete Tapungu (ancien de Bush Bucks FC en Afrique du Sud) complétait le registre des gardiens. Gladys Bokese, Hérita Ilunga, Kabundi Tshiamalenga, Ngandu Kasongo, Cyrille Mubiala, Dituabanza Nsumbu, Tshinyama Tshiolola, Ilongo Ngasanya, Jean Paul Kamudimba, Zola Matumona, Biscotte Mbuta Mbala, Trésor Mputu Mabi, Milambo Mutamba, Lelo Mbele,  Kabamba Musasa etc… étaient de la cohorte égyptienne. L’équipe nationale était partie  en Egypte avec la volonté, il fallut s’en convaincre, d’effacer sa catastrophique sortie de 2004 en Tunisie. Les Simbas ne pourraient pas faire pire. Ce qui constitua un vrai motif d’espérance. Comme en 2002 au Mali, la RDC retrouvait le Cameroun et le Togo en Groupe B, avec l’Angola.

Au Stade de l’Académie Militaire du Caire pour le compte de la première journée le 21 janvier 2006, nul ne pouvait s’imaginer que l’entraineur togolais, le nigérian  Stephen Keshi n’alignerait pas Adebayor. Oui ! Effectivement, c’est ce qui s’était passé ; Adebayor n’a pas joué le premier match à cette CAN contre la RDC. Etait-ce un prélude à l’effervescence ? Certainement car Trésor Mputu du TP Mazembe ouvrait le score à la dernière minute de la première période en plaçant son action au fond des filets gardés par Kossi Agassa. 0-1 pour la RDC. 9 minutes après le retour des vestiaires, le capitaine Trésor Lualua doublait la mise. A 0-2, c’était une belle entame pour les Simbas qui avaient gagné la partie. 4 jours plus tard, c’était au tour des Palancas Negra d’Angola de tester la férocité des Simbas congolais. Marco Abreu, Love Cabungula, Antonio Mendonca,  Fabrice Akwa et Flavio Amado (qui gagnera le 11 novembre 2006 la Champions League de la CAF avec Al Ahly d’Egypte) constituaient la charpente de la sélection angolaise. A peine 18 minutes se sont écoulées que Trésor Mabi Mputu donnait un coup de pied dans l’entrejambe du jeune défenseur Angolais Kali alors que ce dernier protégeait le ballon au-delà de la ligne, ce qui agaçait l’attaquant de Mazembe. Il avait écopé d’un rouge direct  et exclu du terrain comme Lualua il y a deux ans contre la Tunisie. Dès cet instant, le match n’était plus le même, l’Angola n’avait pas réussi à profiter de cette supériorité numérique pour gagner le match. Zéro but partout était le score à la fin du temps réglementaire.  Pour la 3ème  journée, le Stade International du Caire accueillait la rencontre RDC vs Cameroun. Un nul qualifierait les Simbas pour accompagner les lions Indomptables en quart de finale. Tout autre score devait être assujetti au score du match entre l’Angola et le Togo, ce qui était devenu une habitude pour les congolais. Geremi Njitap et Eto’O Fils marquaient rapidement à la 31ême et à la 33ème minutes pour mener par 2-0 jusqu’à la fin du match. Chose étonnante, Eto’O  avait quitté son poste offensif d’attaquant et s’était improvisé défenseur et milieu du terrain. Eto’O avait-il écouté la plaidoirie de Claude le Roy qui avait dit avant le match que le fils ne tuera pas son père ? Claude Le Roy est celui qui avait sélectionné Samuel Eyo’O Fils pour la première fois dans l’équipe nationale du Cameroun. C’était en 1998 à l’occasion du rassemblement des camerounais pour la coupe du monde France 1998 en Italie, alors âgé de 17 ans et quelques mois.  Il devait beaucoup au patriarche français, c’est ce qui expliqua sa retenue de ne plus corser l’addition au score. Au même moment l’Angola battait le Togo par  3 buts (doublé de Falvio et un but de Maurito)  à 2 (Kader et Cheriff Touré). 

En quart de finale, La RDC devait battre le pays hôte, l’Egypte et espérait atteindre les demi-finales, pour la deuxième fois,  en moins de 10 ans. Sauf que jouer contre l’Egypte devant ses propres fanatiques est une mer à boire.  Ahmed Hassan ouvrait le score pour le pays hôte à la 33ème minute avant que Hossam Hassan ne doublât le score 8 minutes plus tard. En seconde période, les Simbas réduisaient le score par Abdel Zaher El Sakka qui avait marqué  contre son camp 2 minutes après la reprise.   A la 57ème  minute,  Emad Moteab marquait le 3ème but égyptien et Ahmed Hassan, avec son deuxième de la soirée,  à deux minutes du temps réglementaire. Les futurs champions d’Afrique avaient étrillé les Simbas par 4-1. Matumona Zola, dit Roum pour les intimes, avait été élu Homme du match. L’indiscipline sanctionnée par un carton rouge à l’endroit de Mputu Trésor avait coûté chère à la nation congolaise.  Il avait vainement espéré que ses coéquipiers l’emportassent sur les Egyptiens pour qu’il retrouvât le terrain en demi-finale ; à cause de son carton rouge, il était suspendu pour deux matchs. C’est ainsi qu’il avait raté le match contre le Cameroun et le quart de finale contre l’Egypte, pour avoir écopé de ce carton rouge au 2ème match contre l’Angola.

L’adage selon lequel « à quelque chose, malheur est bon », avait trouvé son plein emploi dans ce groupe de la CAN 2006 en Egypte. Les deux équipes éliminées, le Togo et l’Angola, sont celles qui avaient réussi à s’incruster parmi les représentants de l’Afrique à la Coupe du Monde de 2006 en Allemagne, chacune y participant pour la première fois de son histoire. Quant à la RDC, elle avait renoué avec ses habitudes, échouant de passer le stade des quarts de finale d’une CAN comme en 1992, 1994, 1996 et 2002 – maintenant 2006.  Éliminés au premier tour en 2000 et 2004, seule l’édition Burkinabe éclipsait le désarroi des Simbas congolais par la médaille de bronze ainsi remportée.  Un autre fait  important qui vaille  la peine d’être signalé, réside dans cette analyse que l’Egypte rencontrait pour la deuxième fois la RDC en phase finale de la CAN depuis 1974. Le gagnant était celui qui remportait le tournoi – les Léopards du Zaïre (devenus Simbas de la RDC) l’ont fait ; ils avaient battu l’Egypte en demi-finale pour remporter la CAN en 1974.  Les Egyptiens ont battu la RDC en 2006 en quart de finale et ont remporté la Coupe d’Afrique des Nations 2006.