{"id":751,"date":"2018-10-01T12:34:12","date_gmt":"2018-10-01T12:34:12","guid":{"rendered":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/2018\/10\/01\/25-aout-1998-le-jour-ou-la-musique-congolaise-est-sortie-du-ghetto-pour-mieux-y-retourner\/"},"modified":"2018-10-01T12:34:12","modified_gmt":"2018-10-01T12:34:12","slug":"25-aout-1998-le-jour-ou-la-musique-congolaise-est-sortie-du-ghetto-pour-mieux-y-retourner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/25-aout-1998-le-jour-ou-la-musique-congolaise-est-sortie-du-ghetto-pour-mieux-y-retourner\/","title":{"rendered":"25 ao\u00fbt 1998 : le jour o\u00f9 la musique congolaise est sortie du ghetto\u2026 pour mieux y retourner"},"content":{"rendered":"<div class=\"mceTemp\"><img loading=\"lazy\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" src=\"http:\/\/www.afriquechos.ch\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/2e3e297_17361-qojwi7-1.jpg\" border=\"0\" width=\"504\" height=\"427\" \/><\/div>\n<div class=\"mceTemp\"><em>\u00ab\u00a0Yeyeyeye\u00a0 Yeyeyeye<\/em><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Yeyeyeye Mama<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Mama nga mwana, mama nga mwana nayo mawa eee<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ma\u2019 Olenga Masikini, Mosekonzo Malelisa ngai<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Pasi eleki liloba ebo kobima na mongongo ebongwani pinzoli<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" \/><em \/>Na kende koluka na malembe oyo ya nga esika na Parking Ya Ba Baba\u00a0\u00bb  <!--more-->  <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nous sommes dans les premi\u00e8res  minutes du dimanche 26 ao\u00fbt 1998, \u00e0 Paris, dans la salle mythique de  l\u2019Olympia. D\u00e8s les premi\u00e8res notes de cette chanson \u00ab\u00a0<em>Parking ya Ba Baba<\/em> \u00bb,  j\u2019ai la chair de poule, je suis envahi par l\u2019\u00e9motion, yeux humides, des  souvenirs, des \u00eatres chers vivants et disparus d\u00e9filent dans mes  pens\u00e9es. Je me revois, \u00e0 Kinshasa, dans la r\u00e9daction d\u2019<em>Elima-Dimanche<\/em> l\u2019\u00e9dition musicale du quotidien \u00e9ponyme et je trouve presqu\u2019injuste  d\u2019en \u00eatre le seul journaliste pr\u00e9sent \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement. Je pense \u00e0 Nzita  Mabiala, Mbiya Tshikala, Mputu Toko Dingani et \u00e0 mon ami et complice  Look Longonya\u2026 Je pense aussi \u00e0 mon p\u00e8re, grand fan de Tabu Ley, qui  avait amen\u00e9 notre fr\u00e8re a\u00een\u00e9, encore mineur (16 ans), au concert de Tabu  Ley \u00e0 Kisangani, \u00e0 son retour de l\u2019Olympia\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Drap\u00e9 dans une sorte de redingote  blanche, ajust\u00e9e sur la taille et qui tombe comme une soutane, Koffi  Olomide vient signer le retour de la musique congolaise dans cette salle  de r\u00e9f\u00e9rence. 28 ans apr\u00e8s Tabu Ley, 25 ans apr\u00e8s Abeti Masikini, cette  autre native de Kisangani comme le chanteur. La star du jour ne cache  pas son bonheur et on sent, malgr\u00e9 tout, le poids de l\u2019histoire et de  l\u2019\u00e9v\u00e9nement sur sa gestuelle gauche, engourdie avec des articulations  qui rappellent une m\u00e9canique mal huil\u00e9e qui crisse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La suite du concert sera, h\u00e9las, du m\u00eame  tonneau\u00a0: un spectacle brouillon, un son catastrophique, un  encha\u00eenement d\u00e9sordonn\u00e9 des chor\u00e9graphies, Koffi qui se bat sur sc\u00e8ne en  pleine interpr\u00e9tation d\u2019une chanson\u2026 Il y eut heureusement deux  artistes pour sauver les apparences\u00a0: l\u2019animateur Mboshi Lipasa\u00a0 qui, de  bout en bout, a rythm\u00e9 et r\u00e9gul\u00e9 le spectacle avec des animations  savamment reparties et la danseuse Nono Ba Diamants qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019atout  charme de la soir\u00e9e avec une prestation pleine de gr\u00e2ce et d\u2019esth\u00e9tique,  renforc\u00e9e par ce charme singulier et indolent que d\u00e9gagent les  gauch\u00e8res contrari\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque je prends le TGV \u00e0 Nantes ce samedi 25 ao\u00fbt 1998, je tombe sur un article du journal <em>Le Monde<\/em> qui parle de ce concert. Cette publication dans le quotidien pris\u00e9 par  l\u2019\u00e9lite fran\u00e7aise repr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 une forme de laurier pour Koffi  Olomide. L\u2019article comportait n\u00e9anmoins un proc\u00e9d\u00e9 curieux, l\u2019auteur y  \u00e9voque le concert comme s\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 eu lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que les producteurs redoutaient  une salle clairsem\u00e9e \u00e0 cause du co\u00fbt du billet, le concert va se jouer \u00e0  guichets ferm\u00e9s avec, devant la salle, environ 200 personnes qui n\u2019ont  pu trouver de place. Les organisateurs vont programmer sur le champ un  deuxi\u00e8me concert au Z\u00e9nith, une plus grande que l\u2019Olympia. Une banderole  de fortune est confectionn\u00e9e sur le champ et annonce cette production.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 noter que Koffi Olomide et son groupe  n\u2019avaient pris possession de la salle que vers 23 heures apr\u00e8s un  concert de zouk pr\u00e9vu de longue date. L\u2019Olympia inaugurait une double  r\u00e9servation le m\u00eame soir suite \u00e0 une suggestion de Constant Lomata,  l\u2019actuel gouverneur de la Tshopo. Et c\u2019est le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9  utilis\u00e9 pour programmer ce chanteur au Z\u00e9nith le m\u00eame soir que  l\u2019orchestre Tabou Combo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les spectateurs ce soir-l\u00e0\u00a0: deux repr\u00e9sentants d\u2019une grande maison de disque (<em>Sony<\/em>) sont dans la salle pour rencontrer Koffi afin de lui proposer un contrat car celui sign\u00e9 avec <em>Sonodisc<\/em> arrivait \u00e0\u00a0 terme. La star congolaise refusera de recevoir les deux  personnes dans sa loge. Pour finir, quelques ann\u00e9es plus tard, dans les  bras de <em>Diego Music<\/em> un revendeur des disques au quartier  Ch\u00e2teau rouge \u00e0 Paris dont les installations (Boutique et Bureau) ne  d\u00e9passent pas les 12 m\u00b2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une aura panafricaine et transg\u00e9n\u00e9rationnelle <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la star congolaise avait fait salle  comble \u00e0 l\u2019Olympia, il n\u2019y avait quasiment que des Africains.  Personnellement, je n\u2019avais vu qu\u2019un seul Europ\u00e9en. De tous les concerts  donn\u00e9s par les orchestres congolais dans les ann\u00e9es 90, celui du \u00ab\u00a0Roi  du Tshatsho\u00a0\u00bb avait attir\u00e9 un tr\u00e8s large panel des nationalit\u00e9s  africaines et beaucoup de jeunes qui n\u2019\u00e9taient pas des consommateurs  habituels de la musique congolaise. Cette production fut ainsi un  excellent indicateur de la p\u00e9n\u00e9tration en Afrique de la musique de cet  artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre \u00e9l\u00e9ment, les enfants issus des  parents congolais vivant en France \u00e9prouvaient une sorte de r\u00e9pulsion  vis-\u00e0-vis de la musique congolaise. Que de fois des adultes n\u2019ont pas  entendu\u00a0: \u00ab<em>Vous avec votre musique l\u00e0, pfff\u2026<\/em>\u00bb. Ces jeunes  rejetaient de la m\u00eame mani\u00e8re le lingala pr\u00e9f\u00e9rant, d\u2019une mani\u00e8re  exclusive, la langue fran\u00e7aise marqu\u00e9e par l\u2019accent emprunt\u00e9 aux jeunes  Maghr\u00e9bins.\u00a0 Heureusement, la magie \u00ab\u00a0Tsatsho\u00a0\u00bb op\u00e9ra\u00a0: alors que les  artistes congolais sortaient les clips plusieurs mois apr\u00e8s la sortie de  l\u2019album pour donner un second souffle \u00e0 la vente de l\u2019opus, Koffi  Olomide va conqu\u00e9rir la jeunesse congolaise gr\u00e2ce \u00e0 ses clips.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement aux autres musiciens dont  les clips congolais\u00a0 \u00e9taient tourn\u00e9s \u00e0 la va-vite, le patron de  l\u2019orchestre Quartier Latin avait fait le choix de r\u00e9aliser des vid\u00e9os  d\u2019une excellente qualit\u00e9 sur tous les plans\u00a0: d\u00e9cor, prise de vue,  montage et sc\u00e9narisation. Inspir\u00e9, la star va emprunter tous les codes  des clips des rappeurs am\u00e9ricains\u00a0: le d\u00e9cor, de belles filles sexy \u00e0 la  gestuelle sensuelle, de grosses cylindr\u00e9es, du champagne \u00e0 gogo, de  gros colliers en or\u2026 Ainsi sa musique log\u00e9e dans cet univers vid\u00e9o du  rap am\u00e9ricain finit par s\u00e9duire et par attirer beaucoup de jeunes  Congolais et Africains. La pratique du lingala gagna, du coup, ces ados.  Un coup de ma\u00eetre qui pr\u00e9para ces jeunes \u00e0 s\u2019enticher, ensuite des  musiques de Werrason et JB Mpiana notamment. C\u2019est de cette recette  \u00ab\u00a0Made by Koffi\u00a0\u00bb qu\u2019use et abuse Fally Ipupa mais avec une pauvret\u00e9  textuelle criante et des musiques sorties des ordinateurs sans  originalit\u00e9 et sans \u00e2me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivresse des grandes salles et la pollution des <em>mabanga<\/em> (d\u00e9dicaces) doubl\u00e9es de la faillite des producteurs historiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la foul\u00e9e de son Olympia, Koffi  Olomide r\u00e9ussit \u00e0 faire salle comble, successivement, au Z\u00e9nith et \u00e0  Bercy de Paris. Papa Wemba, JB Mpiana, Emeneya, Za\u00efko Langa Langa vont  s\u2019engouffrer dans la br\u00e8che. \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00c0 tort, on s\u2019enthousiasma de suivre  une musique congolaise triomphante. Terrible illusion car les  prestations trahissaient une absence flagrante de g\u00e9nie et de qualit\u00e9.  Hormis, le spectacle de tr\u00e8s grande qualit\u00e9 de Papa Wemba \u00e0 l\u2019Olympia,  celui correct de Za\u00efko au Z\u00e9nith de Paris, ceux \u00ab\u00a0pas mal mais sans  plus\u00a0\u00bb de JB Mpiana \u00e0 l\u2019Olympia et \u00e0 Bercy, la musique congolaise  s\u2019affichait bruyante, d\u00e9cousue, recroquevill\u00e9e sur les gu\u00e9guerres entre  suppos\u00e9es stars. Lors du Bercy de Werrason, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re et la  seule fois que je me suis assoupi dans un concert et au premier Z\u00e9nith  de Koffi, je pus compter une dizaine de personnes couch\u00e9es sur des  si\u00e8ges d\u00e9sert\u00e9s par des m\u00e9lomanes d\u00e9pit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et naturellement, cette musique ne se vendait plus. <em>Noblesse Oblige<\/em> de Koffi, \u00c0<em> la Une<\/em> de Papa Wemba et <em>Feux de l\u2019amour<\/em> de JB Mpiana restaient les meilleures ventes. Un \u00e0 un, les producteurs  historiques firent faillite ou se d\u00e9tourn\u00e8rent de cette musique\u00a0:  Sonodisc (Sono), JPS Production, Simon Production, Rigo Makengo  Production\u2026 Chez les vendeurs des disques, les anciens succ\u00e8s des ann\u00e9es  60, 70, 80 se vendaient, d\u00e9sormais, mieux et plus que les nouveaut\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p>In\u00e9luctablement, cette musique qui  venait de sortir du ghetto, le 25 ao\u00fbt 1998, gr\u00e2ce au passage de Koffi  Olomide \u00e0 l\u2019Olympia, y retourna non sans accompagner son suicide avec  des chants et des animations marqu\u00e9s du sceau de l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 et en  d\u00e9pouillant la femme, les danseuses, de leur dignit\u00e9 et de toute chose  tentant de couvrir leur nudit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>SOURCE<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.afriquechos.ch\/?p=11741\" title=\"www.afriquechos.ch\">AFRIQUECHOS<\/a><\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Yeyeyeye\u00a0 Yeyeyeye Yeyeyeye Mama Mama nga mwana, mama nga mwana nayo mawa eee Ma\u2019 Olenga&#8230;<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on get_the_excerpt --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on get_the_excerpt --><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[8],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/751"}],"collection":[{"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=751"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/751\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=751"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=751"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/amagep.co.za\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=751"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}